Du temps jadis, alors que Ghisoni n’était qu’une petite bourgade, il fut trouvé sur la route un lourd tonneau abandonné.

Rapidement, il y eu un attroupement autour du mystérieux objet.

On en soutira quelques verres et il se trouva qu’il était rempli de la meilleure bière que personne n’avait jamais goûté auparavant.

A qui appartenait-il ?

Il y eu beaucoup de discussions et bien des avis furent donnés.

Il appartenait forcément aux nains qui vivait dans les grottes de ces montagnes qu’on appelle aujourd’hui le Kyrie Eleison et le Christe Eleison.

Le tonneau avait dû tomber de là-haut et avait rebondi de sommet en sommet, de roche en roche, de caillou en caillou et avait atterri là, sur la route.

Allons, allons, disaient les autres, ceci est tout à fait ridicule, cela appartient aux elfes qui vivent dans les forêts alentours, on les entend parfois rire, danser et boire toute la nuit. Sûrement un tonneau aura t’il rouler de quelques bois alentours et se sera échouer ici.

Enfin les derniers soutenaient que cela ne pouvait-être que l’œuvre de ce vieux contrebandier de bière qui vivait en retrait du village et qui avait dû, par un soir ou il avait encore confondu le robinet d’eau de la source avec celui d’un de ses tonneaux, faire choir un de ces fûts qu’il emmenait parfois on ne sait où tirer par sa vieille mule.

Quant aux fullettu …

On décida de descendre le fût au village et de décider de son sort plus tard et ainsi fut fait.

Mais le fut eu tôt fait d’attirer les convoitises de chacun.

Les habitants du village se mirent à se disputer pour savoir à qui reviendrait le tonneau et son précieux liquide.

L’histoire en vint aux nains qui envoyèrent des émissaires réclamer leurs tonneaux, puis les elfes voyant les nains réclamer quelque chose se mirent à réclamer cette chose et ainsi toute la région commença à se chamailler pour savoir à qui reviendrait le fameux tonneau.

Un soir, alors que des délégations de tous les environs étaient réunis pour trouver une solution, le dieu des eaux apparu, il ne portait rien qu’une légère tenue et tenait en sa main un énorme trident.

Autant agacé qu’amusé par toute cette excitation qu’il avait observé tantôt d’un ruisseau, tantôt de la pluie, tantôt d’ailleurs, il s’avança jusqu’au tonneau de la discorde et dit devant un parterre de gens qui reculaient « Ce fut que vous voyez, c’est mon frère qui l’a perdu et ce n’est point là un breuvage pour vous ».

Et d’un grand geste, il brisa le fut.

On raconte que ceux qui goutèrent au breuvage mystérieux vécurent tous bien plus que le commun des gens.

L’histoire passa et, de générations en générations, d’exagérations en oublis, peut-être à cause de la honte, le tonneau secret se transforma en dragon.

Mais c’est bien un tonneau que perça ce dieu ce fameux jour.

Peut-être au détour d’un chemin dans le village de Ghisoni trouverez-vous un vieillard, occupé un jouer à quelques jeux de cartes inconnus qui se souviennent encore de la véritable histoire du dieu de la fontaine du village.

D’ailleurs, c’est de mon grand-père que je tiens cette histoire.

Quant à nous dans notre modeste brasserie, nous travaillons sans relâche pour espérer un jour retrouver un jour la recette de la bière des dieux.